Ukraine/Russie - Propos de Laurent Fabius au Conseil affaires étrangères de l’UE

9 février 2015

Est-ce qu’on aura aujourd’hui une décision de sanctions contre les séparatistes et la Russie ?

Où en étions nous jusqu’à ces derniers jours ? La situation en Ukraine était complètement bloquée. Il y a eu une initiative diplomatique de la part du Président français, de la Chancelière allemande et les choses commencent - commencent, il faut être très prudent- à bouger.

Concrètement, que va-t-il se passer ? Nous avons discuté de la situation ce matin au Conseil des ministres des Affaires étrangères. Cet après-midi il y a une réunion de nos secrétaires généraux de ministères et de nos directeurs politiques. Demain à Minsk, il y a une réunion des conseillers politiques. Et mercredi, nous espérons qu’il y aura la réunion de Minsk, avec ce que l’on appelle le format « Normandie », c’est-à-dire le Président ukrainien, le Président russe, la Chancelière allemande et le Président français. L’objectif c’est de parvenir à une désescalade et à la paix. Nous ne sommes pas assurés du résultat, il faut rester prudent, mais nous travaillons dans ce sens.

Ce matin a été soulevée la question des sanctions, qui avaient été prises, il faut se le rappeler, par rapport à ce qui est arrivé à Marioupol. Il y avait un délai entre le moment où les sanctions ont été prises et le moment où elles doivent s’appliquer. Nous avons discuté de cela, et la décision -c’est Mme Mogherini qui certainement vous la commentera- c’est que le principe de ces sanctions par rapport à Marioupol est maintenu, mais leur application se fera à la lumière de la situation sur le terrain. Concrètement on fera le point d’ici lundi prochain. D’ici là on verra si la réunion de Minsk a eu lieu, ce qu’elle a donné, et on pourra en tirer des conséquences. Voilà exactement où nous en sommes.

Qu’est ce qui peut encore empêcher une réunion, ou un succès, à Minsk ?

Vous savez qu’il y a eu une réunion à Kiev, une réunion à Moscou où je me trouvais avec les Présidents vendredi, et il y a eu une conversation téléphonique hier dimanche entre les quatre responsables, mais il reste du chemin à faire, parce qu’il y a toute une série de questions qui sont posées. A la fois combien de combien de kilomètres doivent être retirées les armes lourdes ? Comment assurer le respect de la frontière ? Que deviendront du point de vue juridique les régions du Donbass, Donetsk et Lougansk ? Et puis il y a d’autres questions. Donc tout cela est en train d’être discuté. C’est à partir de cela qu’il sera décidé, nous l’espérons, la réunion de Minsk, qui elle-même, nous l’espérons, donnera des résultats. Mais les choses ne sont pas encore faites.

Le Protocole de Minsk peut être modifié ?

Le Protocole de Minsk, il a été signé, et c’est le juge de paix. Maintenant depuis, il y a une certaine évolution sur le terrain comme vous le savez. Mais il faut rester le plus possible dans le respect du protocole de Minsk.

En tout cas, les résultats ne sont pas encore acquis, mais nous, nous faisons le maximum d’efforts diplomatiques pour arriver à la désescalade et à la paix.

La ligne de démarcation tracée sur une carte à Minsk pourrait bouger ?

C’est plus compliqué que cela. Il y avait une ligne, mais depuis la réalité sur le terrain s’est déplacée, et au détriment des forces ukrainiennes. Donc la question qui est posée aujourd’hui, c’est surtout la question du retrait des armes lourdes. Parce que si on veut arriver à un cessez le feu puis à la paix –c’est l’objectif- il faut que les armes lourdes ne puissent plus tonner. Donc c’est une des principales questions posées. Merci beaucoup.

publié le 20/02/2015

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