Ukraine/Russie - Extrait du discours du président de la République à la conférence des Ambassadeurs

Le 28 août 2014
Mais la paix et la sécurité sont également menacées à l’Est de l’Europe. A quelques heures d’avion d’ici.
Notre continent connaît, en Ukraine, l’une des crises les plus graves depuis la fin de la guerre froide. Je veux exprimer devant vous la position de la France sur ce sujet grave.
D’un côté, la Russie doit respecter la souveraineté de l’Ukraine, arrêter son soutien aux séparatistes et les amener à accepter un cessez-le-feu bilatéral. La Russie doit contrôler effectivement sa frontière et en terminer avec les transferts d’armes et de matériels. S’il était avéré que des soldats russes sont présents sur le sol ukrainien, ce serait bien sûr intolérable et inadmissible.
De l’autre, les autorités ukrainiennes doivent faire preuve de retenue dans les opérations militaires et décider d’une large décentralisation au bénéfice des régions russophones et écarter toutes provocations.
La solution à la crise en Ukraine est politique, elle n’est pas militaire. C’est pourquoi le 6 juin dernier, lors des commémorations du Débarquement, j’ai saisi l’opportunité de la présence du Président POUTINE et du Président POROCHENKO pour permettre qu’il y ait cette première rencontre. La présence d’Angela MERKEL a été utile à ce moment. Depuis, la Chancelière et moi-même avons poursuivi nos démarches pour tisser les fils, renouer les contacts. Nous y sommes parfois parvenus, mais nous n’avons pas pu obtenir jusque-là un règlement de la situation.
Les Européens ont dû renforcer les sanctions. Elles seront forcément maintenues, voire augmentées, si l’escalade se poursuit. Je le dis nettement, je ne souhaite pas en arriver là. Ce n’est pas l’intérêt de la Russie, ce n’est pas l’intérêt de l’Europe, ce n’est pas l’intérêt de la France. La Russie ne peut, à la fois, aspirer à être une puissance reconnue du XXIème siècle et ne pas en respecter les règles. Elle subit, en ce moment même, un isolement croissant et les conséquences d’un ralentissement de sa croissance sont avérées, à cause des sanctions.
Cette contradiction, c’est bien évidemment d’abord au Président russe de la résoudre. J’ai dit plusieurs fois à Vladimir POUTINE que la France et l’Union européenne souhaitaient poursuivre l’approfondissement de nos relations avec la Russie. Parce que la Russie est un grand pays, parce que la Russie a également son destin sur le continent européen et qu’il y a un lien historique, culturel, économique entre la Russie et la France.
Mais, aujourd’hui, la crise ukrainienne est un blocage. Raison de plus pour le lever rapidement ! La France y est prête avec l’Allemagne. Je fais une nouvelle fois la proposition de se réunir dans le format qu’on appelle maintenant « Normandie » - la marque est déposée ! - pour trouver un accord global. Mais on ne va pas se réunir à quatre si les conditions de cet accord ne sont pas posées.
Notre disponibilité est donc là, nous y travaillons avec la Chancelière. La réponse doit venir notamment du côté russe.

publié le 20/02/2015

haut de la page