Ukraine/Russie - Extrait de l’entretien du président de la République à "France Inter"

Le 5 janvier 2015

Avant d’en revenir au Proche-Orient, on va faire une question simple. Que veut monsieur POUTINE en Ukraine ? Vous l’avez eu 25 fois au téléphone depuis le début de cette crise, vous l’avez rencontré 2 fois en face à face, que veut monsieur POUTINE ?

Monsieur POUTINE ne veut pas annexer l’Est de l’Ukraine.

Vous en êtes sûr ?

J’en suis certain.

Il vous l’a dit ?

Il me l’a dit. Alors, je pourrais ne pas le croire, je vois ce qu’il a fait en Crimée, ce n’est pas la même chose…

Est-ce qu’il ne veut pas instaurer un protectorat ?

Ce qu’il veut, c’est rester influent. Ce que veut monsieur POUTINE, c’est que l’Ukraine ne bascule pas dans le camp de l’OTAN…

Et vous bloquerez cette entrée de l’Ukraine dans l’OTAN ?

… l’idée étant, pour monsieur POUTINE, de ne pas avoir de présences militaires à ses frontières.

Bien sûr.

Ce que, nous, nous voulons de monsieur POUTINE, c’est qu’il respecte l’intégrité territoriale de l’Ukraine. Ce que nous voulons de monsieur POUTINE, c’est qu’il ne soutienne plus les séparatistes. Ce que nous voulons de monsieur POUTINE, c’est qu’il y ait des relations économiques qui puissent se faire avec l’Ukraine. C’est pour cela que je cherche, depuis des mois, ce qui peut être l’accord, parce qu’il y a eu près de 5.000 morts. 5.000 morts à 2 h 00 / 3 h 00 de Paris… 5.000 morts…

Bien sûr.

Il y a encore des morts, il y a des populations déplacées, donc l’Europe elle ne peut pas rester indifférente. Et le rôle de la France, on pourrait se dire : « Qu’est-ce qu’on va faire en Ukraine, c’est loin, la France c’est plutôt la Méditerranée ». Non. La France et l’Allemagne ont considéré que nous avions à chercher une solution. Ce qui fait que nous avons dès le 6 juin, vous vous souvenez les commémorations, j’avais fait en sorte que POUTINE puisse rencontrer POROCHENKO, le président ukrainien, avec madame MERKEL. Et ça a été l’amorce de quelque chose qui n’a pas suffit puisqu’après il y a eu de nouveau la guerre.

Et vous allez à Astana le 15 janvier.

Et je vais à Astana le 15 janvier à une condition, à une condition, c’est qu’il puisse y avoir de nouveaux progrès. Si c’est pour se réunir, se parler sans qu’il y ait des avancées, ce n’est pas la peine. Mais je pense qu’il y en aura parce que j’ai eu monsieur POUTINE et monsieur POROCHENKO et madame MERKEL avant Noël, et nous avons pu faire que les prisonniers qui étaient retenus par chaque camp puissent être libérés, donc il y a des progrès. Mais pour rester sur la question de Bernard GUETTA, la question la plus importante, c’est qu’il faut parler à POUTINE, je l’ai fait. Mais en même temps il faut parler clairement ; il faut lui dire ce que nous voulons et ce que nous ne voulons pas. Et lui-même doit savoir s’arrêter, et il le paie suffisamment cher.

Très cher.

Aujourd’hui, les sanctions dont on a pu dire : « Elles n’auront pas d’effet », la baisse du prix du pétrole qui à certains égards économiquement nous arrange, et lui l’affaiblit, il n’en dit rien, bien sûr qu’il ne laisse pas penser qu’il a la moindre difficulté, il en a des difficultés.

Le Proche-Orient…

Mais si la Russie a une crise, ce n’est pas forcément bon non plus pour l’Europe. Donc je ne suis pas pour la politique du pire, et je pense que les sanctions maintenant doivent s’arrêter, doivent s’arrêter au sens… Elles doivent être levées s’il y a des progrès, s’il n’y a pas de progrès, les sanctions demeureront.

publié le 12/01/2015

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