Ukraine/Russie - Extrait de l’entretien de Laurent Fabius avec "Sud Ouest"

25 août 2014

Venons-en à l’Ukraine. Là non plus, la médiation entre Kiev et Moscou ne débouche pas…

Les nouvelles du terrain sont effectivement alarmantes. La semaine dernière, nous avons discuté pendant six heures d’affilée avec mes homologues russe, ukrainien
et allemand sur quatre sujets : le passage du convoi humanitaire
russe, le contrôle de la frontière, le cessez-le-feu et les perspectives politiques. Nous pensions avoir avancé, mais l’escalade a repris. Il faut un accord entre Russes et Ukrainiens, notamment sur ces quatre points. Nous continuons à plaider concrètement pour une désescalade.

Que dit la France ?

Depuis le début, fermeté et dialogue. La communauté internationale ne peut pas rester sans réaction face à l’annexion de la Crimée, et nous avons pris des dispositions pour ne pas reconnaître ce fait accompli. La Russie n’a pas à s’ingérer non plus dans l’est de l’Ukraine. En même temps, on ne va pas déclarer la guerre à Moscou ! Il faut donc essayer de faire baisser la tension : rappeler aux Russes l’exigence de l’intégrité territoriale de l’Ukraine et aux Ukrainiens qu’il faut tracer des perspectives politiques pour tous les citoyens. Dans cette surenchère, la France comme l’Allemagne indiquent le droit et cherchent à établir des ponts, à faire baisser la tension.

En attendant, Russes et Occidentaux échangent des sanctions…

… qui sont coûteuses des deux côtés. Elles pénalisent l’économie russe mais touchent en Europe plusieurs secteurs d’activité. Mais on ne peut pas non plus rester sans réagir.

publié le 20/02/2015

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