Ukraine/Russie - Déclarations du président de la République au somme de Milan

Les 16 et 17 octobre 2014

Déclaration à l’issue du Sommet des Chefs d’Etat et de Gouvernement Europe-Asie (17 octobre)

(...)

Vous comprendrez bien qu’en marge de ce Sommet, il y a la question ukrainienne. Cela a été l’objet –j’en remercie le Président RENZI- d’avoir une rencontre ce matin. Il y avait non seulement Matteo RENZI qui préside l’Union européenne pour les six mois de la Présidence italienne. Il y avait également le Président BARROSO, le Président VAN ROMPUY, David CAMERON, Angela MERKEL et moi-même, avec les deux parties prenantes, c’est-à-dire le Président POROCHENKO et le Président POUTINE.

Le mérite de cette réunion, c’est d’avoir rappelé les principes. Quels sont-ils ?

Le premier principe, c’est le respect du cessez-le-feu et il doit être vérifié, j’y reviendrai.

Le deuxième principe, c’est l’application de l’accord de MINSK, l’accord qui était intervenu le 5 septembre et qui engageait, avec un calendrier, le règlement de la crise ukrainienne avec l’ensemble des protagonistes, c’est-à-dire d’abord les Ukrainiens mais aussi le Président POUTINE.

Le troisième principe, c’est l’intégrité territoriale de l’Ukraine, qui doit être le cadre des élections qui vont se tenir dans les prochains jours.

Le caractère positif de la réunion de ce matin est d’avoir permis de rassembler autour de ces principes tous ceux qui étaient autour de la table. Cela veut dire, la Russie et l’Ukraine.

J’ai souhaité avec Angela MERKEL que nous puissions poursuivre cette discussion, conformément à ce que nous avions déjà engagé, vous vous en souvenez, c’était le 6 juin, à l’occasion des cérémonies liées au débarquement, en Normandie. Depuis cette date d’ailleurs, nous parlons de « format Normandie ». Ce format est une référence pour le passé, mais aussi pour l’avenir, une référence de paix.

Ce que nous ferons en début d’après-midi avec la Chancelière, le Président POUTINE, le Président POROCHENKO et moi-même, c’est la mise en œuvre des principes que nous avons rappelés ce matin.

Comment faire respecter le cessez-le-feu ? La France et l’Allemagne ont déjà annoncé que des drones étaient à la disposition de l’OSCE, pour vérifier le respect du cessez-le-feu et le contrôle de la frontière, pour faire en sorte qu’il n’y ait pas de circulation de combattants ou qu’il y ait le retrait des armements. Et c’est ce que nous devons mettre en œuvre le plus rapidement possible. C’est le Président de l’OSCE, le Président BURKHALTER, qui doit être maintenant chargé d’utiliser ces drones, tous les drones, les drones allemands et les drones français, pour faire respecter, vérifier le respect du cessez-le-feu.

Ensuite, il y a également une discussion sur le processus électoral qui doit se tenir en Ukraine et qui doit être mené dans le respect de l’intégrité territoriale.

Enfin, il y a tout ce que nous devons obtenir de nos interlocuteurs pour la libération des prisonniers, et pour le désarmement de ces milices qui ont eu comme responsabilité des dizaines de morts depuis le début de ce conflit.

Donc les choses avancent, mais elles ne sont pas réglées. Elles ne le seront que dans le cadre d’un processus qui doit rester dans ce que nous avions défini le 6 juin, c’est-à-dire le dialogue entre d’abord les parties prenantes en Ukraine, et aussi la France et l’Allemagne qui sont prêtes à accompagner ce processus.

Il est très important que nous puissions aider à ce règlement de la crise ukrainienne, parce qu’elle pèse. Elle pèse d’abord sur les Ukrainiens qui souffrent, et je veux dire tous les Ukrainiens. Et il y a une situation alarmante sur le plan humanitaire.

C’est une situation qui pèse sur la Russie, qui subit des sanctions, dès lors que la Russie n’a pas complètement respecté ce qui était prévu, c’est-à-dire la pression indispensable sur les séparatistes.

Cette situation pèse sur l’Europe, parce qu’elle souffre à travers les sanctions aussi d’une situation économique, et donc d’une incertitude.

Cette situation, elle pèse sur le monde. Parce que, dès lors qu’il y a des risques, et notamment des mises en cause de ce que pourrait être l’intégrité territoriale, il y a effectivement un doute, dont on voit la conséquence sur les marchés.

Alors nous devons tous nous mobiliser pour que la crise ukrainienne trouve sa solution. La France et l’Allemagne ont montré qu’elles pouvaient jouer un rôle utile et nous en aurons, je l’espère, la démonstration dans la réunion qui se tiendra en début d’après-midi.

Déclaration au Sommet des Chefs d’Etat et de Gouvernement Europe-Asie (16 octobre)

JOURNALISTE : Qu’est-ce que vous attendez sur l’Ukraine ?

LE PRESIDENT : On va en parler demain. Sur l’Ukraine il y a aura des discussions puisque le Président POUTINE est là – ou sera là dans quelques moments. Nous aurons des discussions, demain matin, avec le Président POROCHENKO et le Président POUTINE. Ces questions seront traitées. On ne parlera pas des sanctions en tant que telles – cela relève de décisions européennes – mais nous parlerons des moyens de sortir de la crise. Il faut que le cessez-le-feu soit entièrement respecté en Ukraine et que ce qu’on appelle le plan de règlement de la crise, l’accord de Minsk, soit intégralement appliqué. (...)

publié le 20/02/2015

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