Ukraine : Intervention de M. Laurent Fabius sur Radio France Internationale [uk]

M. Laurent Fabius
Ministre des Affaires Etrangères,
Radio France Internationale, 3 décembre 2013

JPEG [Extraits]

FREDERIC RIVIERE
« Trois jours après le refus du président IANOUKOVITCH de signer l’accord d’association avec l’Union européenne, les partisans d’un rapprochement avec l’UE ne décolèrent pas en Ukraine. Le Premier ministre ukrainien estime que ce qui est en train de se passer présente tous les signes d’un coup d’Etat. Pour les Etats-Unis, des manifestations pacifiques ne sont pas un coup d’Etat. Quelle est la position de la France ?

LAURENT FABIUS
Non, ce n’est pas un coup d’Etat. Je n’ai pas vu d’intervention militaire, et les caractéristiques d’un coup d’Etat ne sont pas rassemblées. En revanche, la position de la France est de dire : dialogue et refus de la répression, c’est clair, c’est net. Le président IANOUKOVITCH a pris position, comme l’on sait, moi, j’étais avec les dirigeants européens et lui-même à Vilnius, il y a quelques jours, et on a vu sa position sur l’accord d’association avec l’Union européenne. Il dit : bon, moi, ça m’intéresse, mais vous ne payez pas assez, bon, l’accord d’association, ce n’est pas une affaire de marchand de tapis, si on veut s’associer avec l’Europe, on s’associe avec l’Europe. La population a réagi d’une manière extrêmement forte, et en même temps, pacifique. Et donc nous disons, nous, la France : appel au dialogue et refus de la répression.

FREDERIC RIVIERE
Est-ce que c’est vraiment à Kiev que se décide aujourd’hui l’accord d’association avec l’Union européenne ?

LAURENT FABIUS
Eh bien, le Premier ministre ukrainien a – si je puis dire – mangé le morceau, puisqu’il a dit : ah ben, les Russes, le président russe nous a proposé des choses, le prix du gaz, la remise des dettes, etc. Nous, ce n’est pas notre conception des choses. L’Ukraine doit être libre de ses choix, et d’ailleurs, il n’y a pas d’antagonisme, il n’y a pas d’opposition entre le fait d’avoir un accord d’association avec l’Union européenne et le fait d’être proche de la Russie. Il n’y a pas de contradiction. C’est donc à la population et aux autorités de faire leur choix. Mais je le répète, la direction est prise est extrêmement choquante. Et pour ma part, j’ai fait dire à monsieur KLITSCHKO, qui est un des leaders de l’opposition, que j’étais tout à fait prêt à le recevoir à Paris.

FREDERIC RIVIERE
Dans quel but ?

LAURENT FABIUS
Eh bien, pour discuter de la situation, pour parler, l’autre jour, nous avons parlé avec monsieur IANOUKOVITCH, il me paraît normal de parler aussi avec les responsables de l’opposition.
 »

Laurent Fabius, ministre français des Affaires...->http://www.dailymotion.com/video/x17xle6_laurent-fabius-ministre-francais-des-affaires-etrangeres_news] par rfi

publié le 03/12/2013

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