Ukraine - Entretien de M. Laurent Fabius avec « Europe 1 » [uk]

Kiev, 20 février 2014

Q - « Vous venez d’atterrir à Kiev, vous allez rencontrer tout à l’heure Viktor Ianoukovitch, qu’allez-vous lui dire ? »

LAURENT FABIUS- « Je vais d’abord rencontrer des dirigeants de l’opposition et, ensuite, je verrai le président Ianoukovitch.

Je lui dirai d’une part qu’il faut arrêter la violence, qui est évidemment inacceptable, et que nous nous apprêtons cet après-midi à prendre des sanctions contre ceux qui sont responsables de la violence. D’autre part, je lui dirai que si on veut trouver une solution, il faut organiser des élections ou, en tout cas, changer les données politiques.

Cette nuit, dans la capitale, il y a eu une trêve - peut-être liée d’ailleurs au fait que nous sommes là ce matin - mais dans d’autres villes, notamment dans la partie Est du pays, les choses sont extrêmement violentes. L’objectif numéro un, c’est de dire qu’il faut arrêter la violence. »

Q - « Pour vous, cette trêve, c’est un premier pas important ? »

LAURENT FABIUS - « Tout ce qui peut arrêter la violence est bon à prendre, mais ce serait une erreur grave de dire que le pays est redevenu calme. Non, il n’est pas du tout calme. Il y a un énorme travail à faire mais on se heurte à la mauvaise volonté évidente des autorités qui, pour le moment, ne bougent pas. Le rôle de l’Europe est de faire en sorte qu’elles bougent et qu’elles acceptent vraiment le dialogue, ce qu’elles n’ont pas fait jusqu’à présent. »

Q - « Vous parlez de l’Europe. Plusieurs pays, dont la France, réclament des sanctions contre le régime du président Ianoukovitch. Vous êtes attendu à Bruxelles ce matin pour une réunion des ministres européens des affaires étrangères. Quelle forme pourrait prendre ces sanctions ? »

LAURENT FABIUS - « Immédiatement après être parti de Kiev, j’irai à Bruxelles. Les sanctions que nous avons à l’esprit sont ciblées et donc personnelles, elles visent d’une part l’interdiction de visa et, d’autre part, la surveillance et le gel des avoirs d’un certain nombre de responsables, parce qu’il faut taper au portefeuille dans ces cas-là./. »

publié le 20/02/2015

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