Ukraine - Entretien de M. François Hollande avec « RMC » et « BFM TV »

Paris, 6 mai 2014

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Q - Ce qui nous préoccupe aussi, c’est l’Ukraine et j’imagine que cela vous préoccupe. L’Europe impuissante face à la menace d’une guerre civile qui est là, à nos portes en Ukraine. Comment faire pour que l’élection présidentielle du 25 mai se tienne ? Est-ce que vous allez prendre une initiative avec Angela Merkel par exemple ?

R - Le seul objectif que nous devons nous donner, c’est que l’élection présidentielle en Ukraine puisse se tenir le 25 mai.

Q - Et si elle ne se tient pas ?

R - Si elle ne se tenait pas, ce serait le KO et le risque de guerre civile. Voilà l’enjeu.

Q - Mais il est là, ou presque.

R - Nous y sommes presque, donc il y a des moments où l’Histoire se joue. L’élection présidentielle a un objectif : permettre au président qui sortira vainqueur de ce scrutin d’être légitime aux yeux de tous. Les Russes, Vladimir Poutine, aujourd’hui voudraient que cette élection puisse ne pas avoir lieu pour continuer à faire pression. À nous de le convaincre. J’ai d’ailleurs eu par des voies indirectes un rapport avec Vladimir Poutine pour lui signifier combien cette élection était pour la France majeure.

Q - Et que dit-il ?

R - Pour l’instant, je pense qu’il doit être sous la pression.

Q - Vous ne l’avez pas eu au téléphone ces derniers temps ?

R - J’ai eu suffisamment de contacts ces derniers jours pour savoir que c’est cette question et c’est cette seule question qui doit être maintenant posée. La pression doit donc être exercée par l’Europe tout entière, par les États-Unis, à travers les sanctions. C’est l’intérêt aussi de la Russie parce qu’elle ne peut pas être regardée comme le pays qui veut empêcher un autre pays, en l’occurrence l’Ukraine, de voter, d’exprimer par la voie populaire le destin qu’il choisit. À partir de là, nous avons le devoir, les Européens, d’être cohérents.

Je pense que c’est toute la question européenne qui est posée là. Est-ce que l’Europe est capable de porter un message simple, unique, et avec le moyen de pression suffisant, les sanctions ? Aujourd’hui, la France et l’Allemagne sont sur cette position et c’est ce qui peut nous permettre d’avoir l’élection du 25 mai.

Q - Est-ce qu’une guerre civile nous obligerait à intervenir ?

R - Nous devons tout faire pour éviter la guerre civile parce que quand elle commence, on ne sait jamais quand elle finit.

(...)

La France a toujours pris la position d’éviter la guerre civile, d’éviter la guerre mais, à chaque fois, de maintenir la pression. La France, depuis deux ans, a été à la hauteur de sa mission.

(...)

Nous sommes un grand pays. Nous sommes un pays qui compte sur la scène internationale, dans le concert mondial. (...)./.

publié le 20/02/2015

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