Ukraine - Conférence de presse de M. François Hollande, président de la République, à l’issue du Conseil européen

Bruxelles, 27 mai 2014

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Je veux terminer sur l’Ukraine. J’avais dit que la date du 25 mai allait être majeure. Elle l’était pour le renouvellement du Parlement européen, mais elle l’était pour l’Ukraine. C’est d’ailleurs bien que les deux dates coïncident. Toute l’action de la France et de l’Europe - nous avons travaillé tous ensemble - c’était de faire en sorte que les élections du 25 mai en Ukraine puissent se tenir, puissent être incontestables, puissent donner au Président élu une légitimité qui lui permette de dialoguer et qui lui permette aussi d’assurer la souveraineté de l’Ukraine.

Les Ukrainiens ont parfaitement compris que c’était au 1er tour qu’il fallait régler la question et éviter que trois semaines s’écoulent avant qu’un président puisse être élu. L’objectif que nous nous étions fixés a donc été atteint. Mais la crise en Ukraine n’est pas finie pour autant ! Le président Porochenko devra donc, maintenant qu’il est le président légitime, engager le dialogue. Le président Poutine doit maintenant, non pas simplement respecter le verdict des urnes, mais reconnaître le président ukrainien et faire en sorte qu’il puisse y avoir la désescalade. Elle était attendue et elle est possible aujourd’hui.

Il va y avoir le G7, le 5 juin. Les menaces de sanctions sont encore là. La Commission a travaillé. Il faut en être conscient, il y a une possibilité aujourd’hui que la désescalade soit enfin trouvée. Mais il doit y avoir toujours cette corde de rappel. J’ai invité le président Poutine - je l’avais fait d’ailleurs depuis plusieurs semaines - à venir aux cérémonies du 6 juin. Nous aurons là aussi des discussions.

Je pense que l’Europe doit prendre conscience de ce qui s’est produit en Ukraine et en tirer les leçons. D’abord pour sa politique étrangère : elle doit être soucieuse de stabilité, de ne pas créer le moindre dérèglement - le chaos dans un pays proche est immédiatement utilisé - de faire en sorte que l’association puisse être comprise et que l’aide arrive au bon moment et non trop tard.

Mais il y a une deuxième leçon à tirer de ce qui s’est produit en Ukraine : c’est la politique européenne de l’énergie, c’est la diversification des sources, c’est la réduction de la dépendance. C’est ce que nous devons engager.

Voilà, Mesdames et Messieurs, ce que je retiens du Conseil européen. C’était très important que la France se fasse entendre. C’était important que l’Europe comprenne ce qu’était l’aspiration des Français, d’une grande majorité de Français : faire avancer l’Europe, croire en l’Europe... À la condition que l’Europe elle-même croit en son avenir et s’organise pour le préparer./.

publié le 10/06/2014

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