Ukraine - Conférence de presse conjointe de M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères et du développement internationale, et du ministre allemand des affaires étrangères, M. Frank-Walter Steinmeier

Tbilissi, 24 avril 2014

Propos de M. Laurent Fabius

(...)

Q - Il y a la diplomatie et il y a la force dans cette crise ukrainienne. Vous avez choisi la voie diplomatique en venant dire, ici dans cette région, que vous privilégiez la coopération à la confrontation. Mais manifestement, du côté russe, on n’entend pas ce message et M. Lavrov, hier encore, a renouvelé ses menaces en expliquant qu’il était prêt, qu’il se réservait le droit d’intervenir militairement, comme il l’avait fait en Ossétie du Sud, si les intérêts russes n’étaient pas protégés. Donc on a l’impression d’un dialogue de sourd qui continue, d’un engrenage qui se poursuit, et on se demande quels moyens la diplomatie peut encore avoir, soit pour rassurer le régime russe, soit pour l’arrêter dans sa volonté sans doute de déstabiliser l’Ukraine, d’empêcher la tenue d’élections, voire de mettre la main sur tout l’Est du pays. Je vous remercie.

R - Notre choix vis-à-vis des actions de la Russie, c’est le choix à la fois de la fermeté et du dialogue. S’agissant de la Crimée, nous avons condamné et nous condamnons de la façon la plus nette, l’annexion qui a été opérée, qui est contraire au droit international. Et ceci a été reconnu par la communauté internationale, et il n’est pas question d’entériner juridiquement ce qui a été fait.

S’agissant de l’Ukraine, du sud-est de l’Ukraine, puisque c’est là-dessus que porte votre question, l’attitude que nous avons choisie, c’est celle à la fois de la fermeté et du dialogue.

Fermeté puisque nous avons décidé des sanctions. Il y a trois paliers de sanctions au niveau de l’Union européenne. Déjà nous avons franchi les deux premiers pas. Et, si de nouvelles actions devaient être menées contre l’Ukraine, et en particulier ses territoires de l’Est et Sud-est, on peut tout à fait monter encore le niveau des sanctions.

Parce que ce type de pratique et de comportement est contraire au droit international. L’intégrité territoriale cela existe, et sa remise en cause ne peut pas être acceptée.

Et en même temps, nous sommes des femmes et des hommes de dialogue. Nous pensons qu’il est toujours préférable de discuter, de négocier plutôt que d’aller à un affrontement armé. Ce que nous ne souhaitons pas.

Et il faut tirer toutes les conséquences de la conférence de Genève et notre souhait c’est qu’il y ait des élections présidentielles en Ukraine. Nous ne pensons pas comme les Russes pour qui le gouvernement ukrainien n’est pas légitime - nous nous le pensons légitime - et ne pas envisager qu’il y ait une élection. Lorsqu’il y a une crise, il faut consulter la population régulièrement pour qu’elle puisse s’exprimer.

Donc, fermeté d’une part, parce qu’il y a des comportements qui ne sont pas acceptables, et dialogue d’autre part, pour permettre une solution négociée. Voilà la ligne qui a été choisie par l’Union européenne et nous nous y tenons.

publié le 28/04/2014

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