Ukraine - Conférence de presse conjointe de M. François Hollande et de Mme Angela Merkel

Paris, 19 février 2014

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Propos de M. François Hollande

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Cette rencontre est également particulière, même exceptionnelle, par son contexte, et je veux commencer par là. Il se produit en Ukraine des actes inqualifiables, inadmissibles, intolérables, une violence, une brutalité, une répression, et la chancelière et moi-même, avec nos deux gouvernements, je salue ici le Premier ministre, nous avons condamné tous ces actes et la répression venant du pouvoir. Notre premier appel c’est que ça cesse, et que le calme, la sérénité, l’apaisement, puissent être de retour.

Mais, ceux qui ont commis des actes, ceux qui se préparent à en commettre d’autres, doivent savoir qu’ils seront sanctionnés, et demain il y aura une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Europe, et cette question des sanctions, de leur graduation, de leur ciblage, cette question-là sera posée. Enfin, nous voulons, l’Allemagne et la France, mais nous sommes conscients que tous les pays européens sont animés de la même volonté, permettre à l’Ukraine de connaître sa transition politique vers de nouvelles élections et un rassemblement. Nous rappelons que l’Europe est toujours disponible pour l’accord d’association qui avait été proposé à Vilnius.

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Q - Concernant l’Ukraine vous avez dit que seul le dialogue politique peut apporter un progrès mais maintenant vous parlez de sanctions spécifiques. Quelle peut être la forme de ces sanctions spécifiques ? Ensuite, y aura-t-il une initiative franco-allemande sur cette question ? Et troisièmement, comment est-ce que la Russie sera associée à ce dialogue ?

R - Trois objectifs. Un, faire cesser le plus rapidement possible les violences. Deuxième objectif, définir des sanctions ciblées, spécifiques et graduelles pour peser sur le processus. Troisièmement, ouvrir un dialogue politique en Ukraine et avec également tous les pays concernés par la question ukrainienne de manière à ce que là encore chacun ait à prendre sa responsabilité. La France et l’Allemagne mais nous ne sommes pas seuls, il se trouve que nous nous retrouvons aujourd’hui dans ce contexte et que nos ministres des affaires étrangères y ont déjà travaillé beaucoup et vont continuer à le faire.

Mais l’Europe a été présente, présente pour faire une proposition, c’était l’accord d’association, mais présente encore ces derniers jours et ces dernières semaines avec Mme Ashton qui s’y est rendue plusieurs fois. Il y a eu des contacts avec tous ceux qui voulaient bien accepter de les prendre et notamment l’opposition. Donc nous sommes disponibles et nous agirons et ça doit se faire au niveau européen dès jeudi avec la réunion du conseil des ministres. Mais on ne peut pas rester passifs par rapport à ce qui se passe en Ukraine. L’Ukraine n’est pas dans l’Europe mais l’Ukraine est en Europe.

Et à partir de là, mais ce n’est pas la seule raison, nous sommes encore plus mobilisés mais, je l’ai dit, nous sommes également mobilisés pour d’autres continents et ce qu’a dit la chancelière est très important par rapport à l’Afrique. Il va y avoir une réunion au début du mois d’avril entre l’Union européenne et l’Afrique à la fois pour le développement et pour l’économie et pour la sécurité. Je pense que là aussi ça fait partie de ce que l’Europe doit faire à l’échelle du monde.

Q - Monsieur le Président, vous avez évoqué la poursuite des discussions avec l’opposition ukrainienne mais aussi avec le président Ianoukovitch. Est-ce que vous souhaitez que les sanctions envisagées visent M. Ianoukovitch lui-même ? Est-ce que vous souhaitez qu’elles visent les principaux responsables ukrainiens ? Cela fait semble-t-il l’objet de discussions en ce moment même à Bruxelles. Et d’autre part sur le principe même de ces sanctions il semble qu’il y ait un certain nombre d’oppositions ou du moins de réticences d’un certain nombre de pays voisins ou méditerranéens, comment entendez-vous les convaincre d’accepter le principe de ces sanctions ? Merci.

R - M. Van Rompuy, qui d’ailleurs est en ce moment même dans le Sahel au nom du Conseil européen, a pris une position qui déjà nous rassemble sur la manière de réagir aux événements tragiques qui se produisent en Ukraine. Et je ne doute pas que demain les ministres des affaires étrangères qui seront autour de la table auront la même attitude, la même conscience de l’urgence de la situation. Après, c’est à partir des enquêtes que les sanctions pourront être précisées. Mais les sanctions c’est un moyen de pression, ça ne peut pas être en soi la seule réponse.

Ce que nous devons comme l’a dit Angela Merkel, ce que nous devons faire c’est trouver une solution politique avec un calendrier, avec une méthode et avec une issue et toujours en restant en contact avec les pays voisins. Et je crois que c’est la démarche que nous avons eue depuis le début, il ne s’agit pas de faire pression sur l’Ukraine pour qu’elle se détache d’autres, il s’agit tout simplement de permettre aux Ukrainiens d’avoir la liberté de choisir, de décider de leur avenir et de leur gouvernement. (...)./.

publié le 20/02/2015

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