Ukraine - Communiqué des chefs d’État et de gouvernement du G7 [uk]

3 juin 2014

Nous nous félicitons de l’organisation réussie, dans un contexte difficile, des élections qui se sont tenues en Ukraine le 25 mai ainsi que du fort taux de participation qui a souligné la détermination des citoyens ukrainiens à décider de l’avenir de leur pays. Nous nous réjouissons d’accueillir Petro Porochenko en tant que Président élu de l’Ukraine et nous le félicitons d’avoir tendu la main à tous les habitants de l’Ukraine.

Face à l’ingérence inacceptable de la Fédération de Russie dans les affaires souveraines de l’Ukraine, nous soutenons le gouvernement et le peuple ukrainiens. Nous encourageons les autorités ukrainiennes à garder une attitude mesurée dans les opérations qu’elles mènent pour rétablir l’ordre public. Nous appelons les groupes armés illégaux à déposer les armes. Nous soutenons sans réserve la contribution significative de l’OSCE à la désescalade, grâce à la mission d’observation spéciale et à d’autres instruments de l’OSCE. Nous saluons la volonté manifestée par les autorités ukrainiennes de poursuivre le dialogue national sans exclusive. Nous accueillons avec satisfaction le « Mémorandum pour la paix et la concorde » adopté par la Verkhovna Rada le 20 mai et nous exprimons le souhait qu’il puisse être rapidement mis en œuvre. Nous encourageons le parlement et le gouvernement ukrainiens à poursuivre les réformes constitutionnelles qui offriront un cadre pour approfondir et consolider la démocratie, en tenant compte des droits et des aspirations de tous les habitants et de toutes les régions de l’Ukraine.

Le G7 a pris l’engagement de continuer à travailler avec l’Ukraine pour soutenir son développement économique, sa souveraineté et son intégrité territoriale. Nous encourageons l’Ukraine à honorer son engagement de mener les réformes difficiles qui se révèleront cruciales pour maintenir la stabilité économique et libérer la croissance tirée par le secteur privée. Nous nous félicitons de la décision du FMI d’approuver un prêt de 18 milliards de dollars en faveur de l’Ukraine, qui viendra renforcer d’autres aides et prêts bilatéraux et multilatéraux, notamment près de 17 milliards de dollars prévus à ce jour par les partenaires du G7. Nous nous réjouissons du décaissement rapide de l’aide macro-économique en faveur de l’Ukraine. Nous soutenons un mécanisme international de coordination des donateurs permettant de garantir la disponibilité effective de l’aide économique et nous nous félicitons de l’intention de l’UE de tenir une réunion de coordination de haut niveau à Bruxelles. Nous saluons les efforts actuellement déployés pour diversifier les sources de gaz de l’Ukraine, notamment grâce à des actions récentes de l’UE visant à mettre en œuvre des capacités d’inversion des flux de gaz et nous espérons que les pourparlers, menés avec la médiation de la Commission européenne, concernant le transit de gaz et l’approvisionnement en gaz de l’Ukraine par la Fédération de Russie connaîtront une issue positive.

Nous condamnons unanimement les violations persistantes de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’Ukraine par la Fédération de Russie. Les actions de la Russie visant à annexer la Crimée et à déstabiliser l’Ukraine orientale sont inacceptables et doivent cesser. Ces actions violent les principes fondamentaux du droit international et devraient constituer une préoccupation pour toutes les nations. Nous demandons à la Fédération de Russie d’accélérer le retrait de ses forces militaires de la frontière ukrainienne, de faire cesser les flux transfrontaliers d’armes et de militants et d’exercer son influence sur les séparatistes armés pour qu’ils déposent les armes et renoncent à la violence. Nous appelons la Fédération de Russie à honorer les engagements qu’elle avait pris dans la déclaration conjointe de Genève et à chercher sérieusement une solution diplomatique.

Nous confirmons la décision des pays du G7 d’imposer des sanctions contre les personnes et les entités qui ont soutenu activement ou commis des violations de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’Ukraine et qui font peser une menace sur la paix, la sécurité et la stabilité de l’Ukraine. Nous appliquons une stricte politique de non-reconnaissance concernant la Crimée et la ville de Sébastopol conformément à la résolution 68/262 de l’Assemblée générale des Nations Unies. Nous sommes prêts à intensifier les sanctions ciblées et à envisager de nouvelles mesures restrictives pour faire payer un coût supplémentaire à la Russie si la situation l’exige.

Les projets financés par la communauté des donateurs pour rendre le site de Tchernobyl stable et sûr pour l’environnement sont désormais bien avancés. Tout en reconnaissant la complexité liée à ce type de projets qui constitue une première, nous demandons à toutes les parties prenantes de fournir un effort supplémentaire pour les terminer de manière satisfaisante en veillant à maîtriser les coûts. Cela reste pour nous une priorité majeure.

publié le 06/06/2014

haut de la page