Russie - Extrait du point de presse du président de la République à l’occasion de l’inauguration du nouveau Canal de Suez

Le 6 août 2015

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Monsieur le Président, une question titille nos rédactions, le montant que la France rembourse à la Russie pour les Mistral, 1 milliard, plus, moins ?

D’abord, il y a les raisons qui font qu’il n’y a pas eu de livraison de ces bateaux à la Russie, alors qu’un contrat nous liait avec ce grand pays ami. Il se trouve que le contexte, celui de l’Ukraine, celui aussi qui a été dans l’Est de l’Ukraine, encore ces derniers jours, conduit à ne pas livrer un appareil, des appareils – puisque ce sont deux bateaux – qui sont des appareils de projection de force (BPC : bâtiment de projection et de commandement).

J’ai donc, au mois de septembre dernier, dit que les conditions n’étaient pas réunies. Depuis, il y a eu un certain nombre de discussions, qui se sont conclues ces derniers jours. Je me suis moi-même entretenu plusieurs fois avec le Président POUTINE et c’est un bon accord qui a été trouvé.

Un bon accord parce que seront remboursées aux Russes, les sommes qui avaient été versées et les frais qui avaient été occasionnés. Il n’y aura aucune pénalité et la France pourra disposer des bateaux, qui donc n’ont pas été livrés à la Russie. La somme est exactement ce que la Russie a versé et les frais de formation qui ont été occasionnés par la conclusion du contrat, avant même qu’il ne soit donc interrompu.

Le Parlement français sera saisi d’un projet de loi pour ratifier cet accord entre les deux gouvernements et toutes les données seront fournies à la représentation nationale, au mois de septembre prochain.

Par ailleurs, je veux préciser – pour ceux qui s’en inquiètent, il y en a toujours – que ces bateaux suscitent une certaine demande de la part de beaucoup de pays et qu’il n’y aura aucune difficulté pour la France à trouver preneur pour ces bateaux, sans qu’il y ait de coût supplémentaire pour notre pays.

Je crois qu’il était important que nous puissions aboutir à cet accord, faire qu’il puisse se dénouer, sans entraver les relations entre la France et la Russie. Chacun devra comprendre qu’un certain contexte empêchait la livraison de ces bateaux.

Je rappelle que c’est un contrat qui a été conclu en 2011 et qui a été sujet à beaucoup de discussions, mais j’ai considéré que dans la configuration que nous connaissons, il n’était pas possible de les livrer, et cela a été compris – regretté sûrement – par nos partenaires russes, mais compris.

La Russie a versé des sommes, vous les connaissez, et cela sera, comme l’a dit le ministre de la Défense, moins de 1,2 milliard qui sera redonné à la Russie par rapport à ce que la Russie a eu à payer à la France, et a eu comme frais. Vous aurez les chiffres très précis puisque cela figurera dans le document parlementaire. Et je souhaite que le Parlement ait la primeur, mais la France n’aura à verser aucune pénalité, et donc n’aura aucun frais supplémentaire lié à la rupture de ce contrat.

publié le 07/08/2015

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