Politique intérieure

L’indépendance de l’Ukraine est proclamée le 24 août 1991. Elle devient une réalité à la suite de la dissolution de l’Union soviétique. Ce choix est confirmé par référendum (90,32% des votants le 1/12/1991). La première décennie est marquée par un effondrement de la production, suivi à partir des années 2000 d’un retour à une forte croissance, dont les bénéfices sont répartis de manière très inégale. À côté d’une classe moyenne embryonnaire, de puissants « oligarques » s’installent dans la vie politique pour défendre leurs intérêts.

Lors du scrutin présidentiel de 2004, la contestation de la rue et la pression internationale entraînent l’annulation d’un second tour frauduleux. Ancien Premier ministre devenu opposant au président Koutchma, Viktor IOUCHTCHENKO l’emporte au « troisième tour » (51,99% / 44,20%) sur le Premier ministre Viktor IANOUKOVITCH, candidat du pouvoir, soutenu ouvertement par la Russie. La Révolution orange a mobilisé de très nombreux Ukrainiens contre un système de pouvoir jugé corrompu et peu respectueux des droits fondamentaux (trucage des élections, disparition de journalistes).

Le président IOUCHTCHENKO promeut progressivement 1) en politique intérieure une construction nationale et identitaire basée sur la reconstitution du passé ukrainien et le développement de la langue ukrainienne 2) en politique extérieure une marche forcée vers l’OTAN et l’UE. Très rapidement, la scission du pouvoir orange capte les énergies et paralyse les réformes. Le Président change deux fois de Premier ministre (au terme des législatives anticipées de 2006 et 2007) et finit par s’épuiser dans la lutte contre son chef de gouvernement, Ioulia TIMOCHENKO.

La présidentielle de 2010 est remportée, de façon nette, par Viktor IANOUKOVITCH (890 000 voix d’avance sur I. TIMOCHENKO). Les observateurs internationaux ont donné une appréciation positive de ces élections, jugées transparentes et pluralistes.

Le président IANOUKOVITCH s’est attaché à effacer deux ans d’impasse politique et à inscrire son action de stabilisation dans la durée. En même temps, les trois premières années de sa présidence ont été marquées par une re-présidentialisation du système politique (invalidation de la réforme constitutionnelle de 2004) et par le lancement de procédures judiciaires contre plusieurs responsables de l’ancienne équipe au pouvoir. Ce système de « justice sélective » s’est notamment traduit par la condamnation de Mme Timochenko à sept ans de réclusion et trois ans d’inéligibilité (octobre 2011) pour abus d’autorité lors de la signature des accords gaziers avec la Russie en janvier 2009, sa mise en examen pour complicité d’homicide (janvier 2013) et par la condamnation à des peines de prison ferme de trois de ses anciens ministres (deux ont été libérés depuis). Bogdan Danylichyn ancien ministre de l’économie du gouvernement Timochenko ainsi que l’époux de Mme Timochenko ont obtenu l’asile politique en République tchèque. L’ancien ministre par intérim de la défense, Valeriy Ivachtchenko, a obtenu l’asile au Danemark.

Les élections législatives du 28 octobre 2012 (élection de 450 députés selon un scrutin mixte : 225 élus à la proportionnelle sur des listes nationales, 225 au scrutin majoritaire uninominal à un tour), se sont traduites par les résultats suivants :

1- Parti des Régions (PdR) du Président Ianoukovitch : 185 sièges
2 - Opposition unie-Batkivchtchina (parti de Mme Timochenko) : 101.
3 - Parti Oudar (Vitali Klitchko) : 40
4 - Parti nationaliste Svoboda : 37
5 - Parti communiste : 32

43 élus « indépendants » ; 7 députés appartiennent à de petits partis

L’OSCE-BIDDH reconnaît que les opérations de vote se sont déroulées dans l’ensemble correctement. Elle fait cependant état d’imperfections dans la conduite du scrutin, qui constituent autant de reculs par rapport aux scrutins précédents. L’OSCE note le manque d’équité dans la campagne électorale et le manque de transparence des opérations de décompte des voix. Elle souligne aussi que deux importants dirigeants de l’opposition n’ont pas pu participer au scrutin (Ioulia Timochenko, ancien Premier ministre, et Iouri Loutsenko, son ancien ministre de l’intérieur, tous deux en prison).

publié le 14/08/2013

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