Politique extérieure

Les relations avec l’OTAN sont encadrées par la Charte sur un partenariat distinctifdu 9/7/1997, complétée par une déclaration du 21/8/2009. Sous l’impulsion du président Iouchtchenko, l’Ukraine a obtenu une « perspective d’adhésion » (au Sommet de l’Otan de Bucarest en avril 2008), le MAP (Membership Action Plan) et des mesures techniques(Commission Otan-Ukraine, Programme annuel national…). En adoptant en juillet 2010 avec la loi « sur les principes de la politique extérieure » un statut « hors-blocs » de l’Ukraine, Kiev indique qu’elle renonce à rejoindre l’OTAN (ainsi qu’en principe l’OTSC, son pendant au sein de la CEI). L’organisation et les États-Unis laissent toutefois la porte ouverte, la coopération technique avec l’Otan n’est pas suspendue, et l’Ukraine contribue aux opérations et aux missions dirigées par l’OTAN, notamment en Afghanistan et au Kosovo.

Les relations avec la Russie sont très denses pour des raisons géographiques, historiques, linguistiques et culturelles, communautaires (8 M de « Russes ethniques » en Ukraine) et économiques (premier partenaire commercial). Elles sont encadrées par le Grand traité d’amitié et de coopération, reconduit le 1/10/2008 pour 10 ans, dans lequel s’inscrit un calendrier fourni de rencontres diplomatiques.

Ces relations se sont particulièrement tendues pendant le mandat de V. Iouchtchenko (2004-2010) sur tous les sujets : stratégiques (Otan, flotte de la mer Noire), commerciaux (gaz), historiques et culturels (grande famine de 1932-1933 ; appréciation du rôle de l’OuPA (Armée insurrectionnelle ukrainienne) dans les années 1941-1954). L’évolution de la politique extérieure russe depuis 2008 (intervention en Géorgie et reconnaissance des entités séparatistes, politique de « zone d’influence », loi sur les interventions extérieures) a été ressentie comme une menace.

Ayant promis de faire retomber la tension, V. Ianoukovitch a opéré un rapprochement avec Moscou : reconduction du bail de la flotte russe à Sébastopol (la date d’expiration fixée par l’accord de 1997 à mai 2007 a été repoussée à 2042 par l’accord de Kharkiv dit « base contre gaz » du 21 avril 2010 : le loyer dérisoire de la base 98 M$/an n’est pas renégocié mais une ristourne évaluée à 40 Mds$ sur 10 ans est accordée sur l’achat de gaz), abandon de la demande d’adhésion à l’Otan, accord sur la démarcation des frontières terrestres (1576 km, signé en mai ratifié le en juillet 2010), suppression réciproque des listes de « persona non grata », abandon de la politique rhétorique hostile sur des sujets historiques et culturels.

Les travaux de la Commission intergouvernementale bilatérale sont relancés, les Présidents se rencontrent fréquemment. Néanmoins, des désaccords subsistent : les négociations perdurent sur le dossier gazier (prix et volume du gaz importé de Russie, niveau des taxes de transit gazier, projet russe South Stream contre modernisation du système de transport gazier ukrainien) ; l’Ukraine ne reconnaît pas les entités séparatistes géorgiennes ; si l’Ukraine a ratifié en juillet 2012 l’Accord sur la zone de libre échange de la CEI, elle n’a pas rejoint l’Union douanière Russie-Biélorussie-Kazakhstan en dépit des fortes attentes russes à cet égard.

Intensification des relations avec les pays émergents : leur montée en puissance en Ukraine est une tendance lourde que les autorités ukrainiennes, au nom du « pragmatisme » et de « l’équilibre », entendent favoriser – Chine (devenue le 3e partenaire commercial en 2009, 13 accords de coopération signés en septembre 2010, promesse de 4 Mds$ d’investissements), Inde (doublement du commerce bilatéral, à 3 Mds USD entre 2010 et 2012 ; accords dans les secteurs du nucléaire civil, des sciences et technologies, de la défense et de l’industrie d’armement), Brésil (coopération pour le lanceur « Cyclone IV », circulation sans visas), Turquie (devenue second client après un doublement des échanges commerciaux en 4 ans), Israël (accord de circulation sans visas)…

Les voisins européens de l’Ukraine (Pologne, Slovaquie, Hongrie, Roumanie) soutiennent globalement ses aspirations à l’intégration européenne, même si leurs relations se sont parfois tendues sur les questions des visas (application des règles Schengen en 2007), du gaz (crise de janvier 2009), du commerce (mesures protectionnistes ukrainiennes), des minorités.

À signaler au titre des accords et engagements régionaux et internationaux : l’Ukraine est membre du GUAM (Organisation pour la démocratie et le développement, secrétariat à Kiev), participe à la « Synergie de la mer Noire », fait partie du Processus 5+2 de résolution de la question de la Transnistrie. L’Ukraine n’ayant pas signé la charte de la CEI, ce n’est qu’à titre d’observateur qu’elle participe aux réunions de l’organisation.

Membre de l’ONU depuis 1945, du FMI (septembre 1992), de l’OSCE (janvier 1995) – l’Ukraine en assure cette année la présidence, du Conseil de l’Europe (novembre 1995), l’Ukraine a le statut d’observateur à l’OIF (29/9/2006), a rejoint l’OMC (16/5/2008), a signé (20/1/2000) mais pas ratifié l’accord instituant la CPI, a ratifié (12/4/2004) le Protocole de Kyoto.

publié le 14/08/2013

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