Jour du Souvenir - Quelle est l’origine du Bleuet de France ?

le Bleuet de France - JPEGLe bleuet est porté chaque année à l’occasion des cérémonies du 11 Novembre. Son équivalent britannique est le poppy (fleur de coquelicot). Depuis trois ans, les militaires d’active peuvent le porter du 01 au 11 novembre. Une association caritative dite œuvre nationale du bleuet de France (http://www.bleuetdefrance.fr/index.php) gère par ailleurs les dons effectués dans le cadre des cérémonies du 11 novembre, principalement à travers la vente de bleuets, que l’on porte au revers de la veste.

Historique
L’histoire de la création du Bleuet de France débute, au sortir de la Première Guerre mondiale, à l’Institution Nationale des Invalides. Aux origines du Bleuet de France, deux femmes de leur temps à l’écoute des souffrances de leurs contemporains : Charlotte Malleterre (fille du commandant de l’Hôtel national des Invalides) et Suzanne Leenhardt. Toutes deux infirmières au sein de l’Institution, elles souhaitaient venir en aide aux mutilés de la Première Guerre en créant dès 1925 un atelier pour les pensionnaires des Invalides. Ils y confectionnaient des fleurs de Bleuet en tissu pour reprendre goût à la vie et subvenir en partie à leurs besoins par la vente de ces fleurs.

Signification
Cette fleur sauvage est choisie pour incarner le symbole national du Souvenir. Mais pourquoi ? Plusieurs hypothèses existent :

- Il serait un héritage des tranchées, un souvenir de ces jeunes nouveaux soldats arrivés dans leurs uniformes bleu horizon et baptisés « bleuets » par leurs aînés Poilus,

- Une fleur des champs dans le chaos des hommes puisque le bleuet, malgré l’horreur des tranchées a continué de pousser sur les champs de bataille,

- En hommage au bleu, couleur de la Nation, première couleur du drapeau tricolore.

Bientôt, cette initiative se développe et prend une dimension nationale : la Nation veut témoigner de sa reconnaissance et venir en aide à ces hommes qui ont sacrifié leur jeunesse à défendre la France.

C’est pourquoi, il est décidé à l’occasion du 11 novembre 1934 de vendre, pour la première fois, les fleurs de bleuet fabriquées par les anciens combattants sur la voie publique dans la capitale : 128 000 fleurs seront vendues !

C’est une vraie réussite suivie d’une véritable reconnaissance, car dès 1935, l’Etat décide de la vente officielle du Bleuet chaque 11 Novembre partout en France. Après la seconde Guerre mondiale, en 1957, l’Etat décide de créer un deuxième jour de collecte chaque 8 mai.

Puis, en 1991 l’Office National des Anciens Combattants et Victimes de Guerre (ONACVG) décide de prendre en charge la gestion de l’Œuvre qui malheureusement périclitait depuis quelques années.

D’un atelier artisanal de confection de fleurs est née une œuvre caritative unique en son genre qui a traversé le XXème siècle avec un objectif constant : soutenir les anciens combattants et victimes de guerre.

Aujourd’hui, à l’amorce d’un nouveau siècle, la vocation du Bleuet de France perdure et l’Œuvre agit sur de nouveaux fronts en favorisant, aux côtés des actions sociales traditionnelles, la transmission de la mémoire comme véritable vecteur de solidarité entre les générations.
Héritier d’une tradition de soutien aux victimes des conflits du XXème siècle, le Bleuet est aujourd’hui une manière de préparer un avenir solidaire pour tous.

Pour illustrer cette fleur et cette tradition, vous pouvez lire ce poème d’Apollinaire dédié aux Bleuets

Bleuet

Jeune homme de vingt ans
Qui a vu des choses si affreuses
Que penses-tu des hommes de ton enfance
Tu connais la bravoure et la ruse
Tu as vu la mort en face plus de cent fois
Tu ne sais pas ce que c’est que la vie
Transmets ton intrépidité
A ceux qui viendront après toi

Jeune homme
Tu es joyeux ta mémoire est ensanglantée
Ton âme est rouge aussi
De joie
Tu as absorbé la vie de ceux qui sont morts près de toi
Tu as de la décision
Il est 17 heures et tu saurais
Mourir
Sinon mieux que tes aînés
Du moins plus pieusement
Car tu connais mieux la mort que la vie
Ô douceur d’autrefois
Lenteur immémoriale

Guillaume Apollinaire

publié le 06/11/2015

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