Ivan Kawun (1925-2001)

Ivan Kawun
(1925-2001)
artiste peintre

Fréquentant dans sa jeunesse l’Ecole des Beaux-Arts de Paris et la Grande-Chaumière, Ivan Kawun s’enrichit de tout l’héritage pictural, mais, conformément à l’esprit de son temps, se place en rupture avec la méthode figurative des classiques et des impressionnistes. Il débute sa carrière dans l’après-guerre.

Il appartient à la seconde génération des peintres abstraits de l’Ecole de Paris, peintres qui ont succédé aux impressionnistes, aux cubistes, aux surréalistes. De leurs illustres prédécesseurs, ces peintres du XXe siècle ont appris la nécessité d’une distance de plus en plus grande par rapport à la reproduction de la réalité visible.

C’est pourquoi Kawun adopte comme moyen d’expression une forme d’abstraction évocatrice « par allusion » des réalités et des atmosphères. Se réclamant d’une plus grande fidélité à l’intériorité de l’artiste, cette abstraction fait de la peinture une « pâte existentielle » dans laquelle se fond une somme d’intuitions et d’expériences vécues, senties, imaginées, conscientes ou inconscientes.

Kawun expose ses premières œuvres à la fin des années 1940 et au début des années 1950 à Paris. Sa participation à l’exposition du groupe « Les Mains éblouies » en 1949 marque le début de sa carrière artistique. Il est alors l’une des figures colorées de Saint-Germain-des-Prés. Il fait partie d’un groupe d’artistes, parmi lesquels Arnal, Dmitrienko, Gillet, Lartigue et Ascain, avec lesquels il organise des expositions collectives dans toute la France, ainsi qu’à l’étranger (Suisse, Allemagne, Suède, Brésil, Russie). Il a également un grand nombre d’expositions personnelles, tant à Paris qu’en province, notamment dans sa région d’adoption, à Chamalières, Aurillac et Clermont-Ferrand. En effet, à partir de 1953, Ivan Kawun s’établit dans le Massif central, installant son atelier à Montchanson dans le Cantal.

Dans ces rudes paysages, Kawun engagea un robuste dialogue avec les forces de la nature, à travers des tons terreux traités au moyen de lourds empâtements. Il se laissa tenter un temps par la fraîcheur des couleurs du Pop’art. Puis l’expérience de Venise à la fin des années 1980 le conduisit à traduire, par des combinaisons chaque fois renouvelées d’abstraction et de figuration évasive, la vision onirique qu’il avait de la ville aquatique.

Kawun n’eut pas la possibilité de visiter son pays d’origine, l’Ukraine, de son vivant. Ce n’est qu’après sa mort que sa veuve put présenter son œuvre à Kiev, avec l’aide de la Galerie d’art Bertrand Trocmez (Clermont-Ferrand), de l’Institut français d’Ukraine et du Musée national des Beaux-Arts d’Ukraine. La première et pour l’heure seule exposition d’Ivan Kawun en Ukraine a eu lieu du 11 au 30 avril 2006, au Musée national des Beaux-Arts de Kiev, dans le cadre de la 3e édition du Printemps français en Ukraine. Profondément touchée par l’accueil réservé à l’œuvre de son défunt mari, Madame Denise Kawun a décidé, à l’issue de cette exposition, de laisser en don au Musée des Beaux-Arts d’Ukraine deux toiles peintes par Ivan Kawun en 1993 : « Conte et légende d’Ukraine » et « Chimère de Venise ».

Le grand peintre français, auvergnat d’adoption, était ainsi rendu à son pays d’origine, où il était jusque-là pratiquement inconnu.

publié le 26/11/2015

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